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Déclaration SNPREES-FO au CTP du 28 septembre 2010

Déclaration du SNPREES-FO au CTP de l’Université Rennes 2 (mardi 28 septembre 2010)

Vers quoi l’Université de Rennes 2 est-elle en train de basculer en cette rentrée 2010 ?

Il y a le basculement du logo de l’université. Il y a surtout le basculement des droits et les conditions de travail des personnels… quoique les deux basculements ne soient peut-être pas sans rapport.

Considérons d’abord le basculement du logo de l’université. Selon ses promoteurs, il s’agirait apparemment de donner une "image dynamique" de l’université. Les gourous de la « communication » nous expliquent sans rire que ce logo est censé "mettre en valeur une université qui assume pleinement sa dimension régionale au sein de l’UEB". En ce qui nous concerne, à Force Ouvrière, nous restons attachés à l’université laïque et républicaine… avec ou sans logo.

Il y a surtout le basculement des droits et des conditions de travail des personnels Le SNPREES-FO conteste les décisions prises de manière unilatérale par la présidence de l’Université depuis plusieurs mois, sans aucune information des organisations syndicales (en tout cas pas la nôtre) sur ces sujets qui concernent le statut et les conditions de travail des personnels :

  • Allongement des horaires d’ouverture de la bibliothèque : Le SNPREES-FO demande à la direction de l’université : - de respecter les engagements qu’elle a conclus avec les organisations syndicales SNASUB-FSU et SNPREES-FO mandatées par les personnels de la BU. Ces engagements liés aux conditions d’ouverture de la BU centrale sont les suivants :

  • Point numéro 1 : le système fonctionnera sur le régime du volontariat.

  • Point numéro 2 : le personnel volontaire est soumis au régime de récupération bonifiée en vigueur dans notre université.

Le SNPREES-FO demande le strict respect de cet accord négocié. En outre, il demande à la direction de l’université de ne pas imposer la flexibilité ni les horaires décalés aux personnels de la BU centrale.

Une ouverture au-delà de 19 heures mettrait beaucoup d’agents dans l’impossibilité de concilier vie professionnelle et vie familiale, si le volontariat n’était pas strictement respecté.

Nous rappelons aussi à la direction de notre université le contexte social et professionnel dans lequel vivent les salariés de la fonction publique :

  • salaires bloqués,

  • non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite,

  • un projet de réforme des retraites qui pénaliserait les plus faibles : les jeunes, les femmes, les petits revenus, les carrières longues,

  • pour les catégories C de la filière bibliothèque, à savoir les magasiniers, des promotions inexistantes depuis dix années,

  • pour ces mêmes magasiniers, un reclassement négatif. En effet, le dernier reclassement relatif aux carrières des magasiniers les prive du dernier échelon de fin de carrière, alors que celui-ci est attribué aux autres catégories C. La conséquence est la suivante : à 55 ans, en moyenne, ces personnels seront en fin de grille indiciaire, donc, sans aucun espoir d’augmentation de salaire. Et nous rappelons que le projet de réforme des retraites actuellement en discussion au Parlement imposerait de travailler au minimum jusqu’à 62 ans.

Dans ce contexte de régression sociale générale, le SNPREES-FO trouve qu’il n’est pas très opportun de demander un effort supplémentaire aux personnels et déclare qu’il les soutiendra pour faire respecter leurs droits.

  • Non renouvellement de contrats de personnels vacataires. Cela concerne y compris des personnels ayant exercé à l'Université pendant 3 à 5 ans et ayant donné entière satisfaction. FO demande que tous les personnels exerçant sur des besoins permanents soient maintenus et que tous les postes statutaires nécessaires soient attribués pour la titularisation de ces personnels.

  • Notre syndicat FO soutient les collègues qui s’indignent et demandent l’abandon de la nouvelle charte graphique et de ses "avatars", porteurs de préjugés et de caricatures des cultures du monde, en opposition complète avec les missions d’une université ouverte et intelligente. Par exemple, pourquoi faut-il que le département d’Espagnol soit représenté par une paire de cornes aux yeux des collègues du monde entier ; pourquoi faut-il que l’avatar du département de Portugais soit la copie d’une publicité pour le Porto Cruz, cliché dépassé et qui ignore que la langue portugaise est parlée sur 5 continents ?

  • On pourrait en rire si cela n’avait donné lieu à des dépenses considérables au profit d’une agence privée. On peut aussi s’interroger sur le sens profond de cette opération : ne s’agit-il pas d’une opération de communication subliminale pour promouvoir une "université virtuelle" en utilisant des personnels précaires pour développer des cours en ligne ? Le SNPREES-FO demande le maintien de la priorité aux enseignements en présentiel, avec des personnels statutaires (Professeurs, Maîtres de Conférences, PRAG, PRCE).

  • La vision comptable qui prévaut depuis la mise en place de la LRU conduit à brève échéance à liquider TOUS les départements qui ne sont pas rentables en nombre d’étudiants, sans tenir compte de la recherche, du nécessaire développement des connaissances, ni même du rayonnement international des équipes.

  • Le syndicat FO demande l’application intégrale du référentiel d’équivalences pour les enseignants-chercheurs et les enseignants, quelles que soient les conditions particulières du lieu ou de la discipline des collègues. Les postes libérés par les départs en retraite doivent être maintenus.

Nous attendons des réponses précises sur chacun de ces points et l’ouverture d’une négociation sur les revendications des personnels de toutes catégories.