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Communiqué SNPREES-FO 35 du 7 mars 2012

Communiqué du SNPREES-FO

A TOUS LES COLLEGUES DE RENNES 2

 

POUR LE MAINTIEN DE LA LIBERTE DE RECHERCHE
DANS TOUTES LES DISCIPLINES

 

Rennes, le 7 mars 2012

 

Cher(e) collègue,

Le SNPREES-FO a été alerté par des enseignants-chercheurs de l’UFR Langues au sujet de la politique de recherche de l’Université Rennes 2.

Nous nous adressons à vous pour vous informer des propos tenus par la direction de l'université, lors d'une réunion avec les responsables de l'UFR Langues, les membres du conseil d'UFR (enseignants-chercheurs, enseignants et BIATSS) et les directeurs des équipes de recherche. Nous vous laissons juges de la gravité des conséquences possibles pour toutes les équipes de recherche.

Cette réunion du vendredi 2 mars faisait suite à un audit sur l'UFR Langues, réalisé par M. Saubost("consultant en organisation" et responsable administratif de la Délégation Régionale du CNRS à la retraite) à la demande du président de Rennes 2.

Cet audit réalisé entre mai et octobre 2011 devait porter sur "l’origine, la nature, et le périmètre des conflits". Le rapport d'audit n'a pas été rendu public par le président (hormis un résumé rédigé par le président et validé par l’auditeur).

Lors de cette réunion, les participants ont dû insister fermement pour qu'un réel dialogue puisse avoir lieu avec le président sur la méthodologie et le contenu de l'audit. Plusieurs participants ont interrogé le président Gombert sur le contexte de cet audit, sur le choix des personnes rencontrées, sur la sélection des propos qu'elles ont tenus.

Le sentiment de "persécution" a été exprimé par plusieurs collègues de l'UFR Langues.

La responsabilité du président a été sollicitée pour rétablir la sérénité nécessaire, en faisant cesser cette persécution, qui s’exprime notamment par un dénigrement systématique de la recherche menée par les collègues. Le SNPREES-FO s’associe à cette demande urgente.

 

Une affirmation rapportée par l’audit et deux déclarations de la vice-présidente du Conseil Scientifique de l'université, en charge de la Recherche, sont particulièrement inacceptables :

  1. la qualité de la recherche menée par les collègues de l’UFR Langues a été clairement mise en cause par une personne interrogée dans le cadre de l’audit, qui affirme avoir le «sentiment que la recherche a périclité en 20 ans » au sein de l’UFR Langues. Si le résumé est fidèle au rapport d’audit et si les mots ont un sens, péricliter, c’est "aller à sa ruine, à sa fin, décliner, dépérir" selon Le Petit Robert qui cite Emile Zola : "Rien ne leur avait réussi, tout périclitait entre leurs mains … et ils désespéraient d’avoir jamais deux sous à eux". Cette chronique d’une mort annoncée ne correspond pas à la réalité!

  2. Alors que l'AERES a noté "A" la quasi-totalité des équipes de recherche de l'UFR Langues, sur la base d'un rapport détaillé et parfois élogieux (note A+ sur certains critères), lavice-présidente du Conseil Scientifique a choqué les participants en tentant de minimiser l’importance de cette évaluation de l’AERES. Onn'oseimaginerquelélogeelle auraitpu faireencasdenoteB !

  3. Plus grave encore, lavice-présidente du Conseil Scientifique a été très explicite sur les objectifs recherchés, en expliquant que la recherche en Langues ne répond pas aux nouveaux critères et en suggérant que la vraie recherche doit désormais être basée sur la réponse à des appels à projets, en particulier de l'ANR.

Le SNPREES-FO a toujours demandé la suppression de l’AERES, mais ses rapports ne peuvent pas être à géométrie variable … utilisés à charge quand la notation est mauvaise et jetés au panier quand ils sont bons. Les faits et analyses ne peuvent être tronqués pour justifier certaines décisions.

Le SNPREES-FO a toujours demandé la suppression de l’ANR et la restitution de ses crédits aux universités et aux organismes de recherche pour le soutien récurrent de la recherche et l’ouverture massive de concours pour les milliers de non-titulaires sans aucun espoir de titularisation.

Le SNPREES-FO demande que la direction de l’université retire les propos tenus, qui reflètent un positionnement visant à restreindre la liberté de recherche dans toutes les disciplines des sciences humaines et sociales, notamment en langues et littératures étrangères.

Ces propos relaient des choix idéologiques inacceptables qui prédéfinissent les champs de la connaissance susceptibles de bénéficier de financements. Au-delà des équipes de recherche de l'UFR Langues, cette prise de position de la vice-présidente du Conseil Scientifique pourrait demain concerner tous les collègues de l'université.

Le SNPREES-FO demande audience en urgence au président de l’université Rennes 2.

Le SNPREES-FO est aux côtés des personnels qui résistent à la restructuration de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche par les agences (ANR et AERES), les IDEX, le "grand emprunt".

Le SNPREES-FO exige l’abandon de toutes les mesures visant à faire supporter aux personnels (enseignants-chercheurs, enseignants et BIATSS) les conséquences d’une dette qui n’est pas la leur, ni celle des salariés en général :

gel de postes par non-renouvellement de départs en retraite et baisse de recrutements, 

réductions des primes ou étalements de leur versement, suppression de formations pour les personnels,

recours aux réserves financières pour limiter le déficit, gel des investissements,

réductions de budgets de recherche (soutien récurrent) et de fonctionnement,

externalisations et mutualisations de services.

Pour le SNPREES-FO, il revient à l’ÉTAT d’assumer ses responsabilités, pour doter les établissements d’un budget leur permettant d’assurer leurs missions, dans le respect des droits et garanties des personnels.